AS Nancy-Lorraine / AS Saint-Etienne 19/12/1976

Il y a 41 ans, le 19/12/1976, une rencontre de football s’est disputée au stade Marcel-Picot, les fameux « Verts » venaient défier l’ASNL sur ses terres. L’engouement populaire autour de ce match l’a fait entrer dans l’histoire du football nancéien et lorrain. Officiellement, 30 384 spectateurs ont franchi les grilles de Picot. Mais en réalité, on devait plus s’approcher des 35 000 spectateurs !!! Revivez un peu de cette ambiance en lisant ces deux articles de l’Est Républicain, ainsi qu’en parcourant quelques photos et autres programmes.

Article de l’Est Républicain – 20/12/1976 :

Nancy-Saint-Etienne, la victoire du football

Record absolu : 35.000 Lorrains dans un stade trop petit

Nancy-Saint-Etienne : 2 buts à 0. Et un autre vainqueur de cet inoubliable après-midi dominical, le ballon rond.

Dès le matin, la fièvre verte s’empare de la ville. Avec en gare l’arrivée des supporters stéphanois qui vont clamer dans les rue leur foi en « les verts ».

Qu’ils profitent de l’occasion. A partir de 17h, sur la touche du stade Marcel-Picot, les chorales lorraines ne laissent guère aux visiteurs l’occasion de s’exprimer.

Jamais, il est vrai, le stade nancéien ne s’est révélé aussi petit.

Faute de place, l’ASNL a dû refuser de vendre environ 10 000 entrées. Un manque à gagner considérable que ne saurait compenser la presque rupture de stock de gadgets…

Plus que jamais, le maire de la ville, M. Martin, qui réchauffait sa gorge d’une écharpe aux couleurs blanc et rouge de l’ASNL, a dû se persuader que oui, vraiment, il faudrait un jour doter l’agglomération d’un stade de 35 voire 40.000 places. Surtout si Nancy atteint demain la dimension européenne que toute une région espère…

Malgré les esprits chagrins qui n’ont pas compris (et davantage admis) la semaine dernière l’aide octroyée à l’ASNL par la municipalité.

Comme si Platini et ses « Marie-Louise » de copains ne faisaient pas davantage pour le renom de Nancy que les promotions touristiques ou les efforts des acteurs universitaires.

« Finalement, souligne le délégué général Claude Cuny, qui a rempli pour la première fois la salle des sports de Gentilly, sinon le football ? ».

Et hier après-midi, une fois de plus, le ballon rond fut roi. Sous les yeux des princes du petit écran, MM. Julian, Chancel et Pivot, venus encourager en lever de rideau un « onze » (où évoluait Patrick Laffont) d’Antenne , sous les regards également enthousiastes de 35.000 spectateurs, dont plus de 5.000 , vingt minutes avant le coup d’envoi, envahirent littéralement la piste. Au risque d’annuler la rencontre.

Au point que, faute de service d’ordre, les joueurs nancéiens eux-mêmes durent jouer aux gendarmes…

Et pendant ce temps, munis d’échelles pour franchir les grilles d’entrée, des centaines de resquilleurs se bousculaient. Et se précipitaient dans une mêlée qui fit quelques égratignures.

Combien furent-ils ainsi à ne pas payer ? Nul ne le sait trop, puisque la vente des billets avait été interrompue. Et que le chiffre officiel d’entrées s’arrête à 30.384.

Une certitude néanmoins, le record d’affluence est pulvérisé.

Si bien qu’après ces deux points arrachés en seconde mi-temps aux « Verts », la trêve sera riche, dans les chaumières lorraines, de rêves de conquêtes européennes.

P.C.

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Article de l’Est Républicain – 20/12/1976 :

Un public adulte

On a frisé l’émeute : les spectateurs qui brandissaient leur billet et cherchaient en vain une place. Des gens avaient escaladé le portique d’entrée du stade. Il y en avait jusque sur le faîte de la maison du gardien.

Mécontent ce public venu parfois de loin et qui avait acquitté le montant de son entrée assiégea les responsables et les autorités. Que se passa-t-il ? A force de sollicitations, les dirigeants nancéiens ainsi que le délégué cédèrent. Les deux portes d’accès au terrain s’ouvrirent et ce fut l’invasion de la main courante.

Combien furent-ils à envahir ainsi la pelouse : sans doute trois à quatre mille au moins et on comprend que P.  Garronaire, au nom des Stéphanois, ait exprimé des réserves et souligné les risques encourus par cette proximité de la foule.

L’intervention des nancéiens permit de mettre un peu plus de distance entre l’aire de jeu et ce public très docile déjà. Il y avait quand même de l’électricité dans l’air au coup d’envoi que M. Konrad finit par donner avec cinq minutes de retard.

Mais finalement tout se passa très bien ; mieux sans doute la décision de laisser le public occuper la piste a agi comme une soupape et a mis chacun devant ses responsabilités d’homme. Elles furent parfaitement assumées par un public très adulte.

André Isch

Le Chardon Rouge vendu lors de ce match :

Le programme du match :

Jeu concours du match :

Photos de la rencontre (source : Chardon Rouge) :

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